Sance acadmique

COMMUNICATIONS

"Prparation des doses administrer : il y a automate et automate", par Claude DEMANGE

"Alimentation et sant respiratoire/allergie chez les enfants en milieu urbain : tude de la cohorte PARIS", par Hlne AMAZOUZ

"Inhibition de 20 et N7 mthyltransfrases virales par des nuclosides et oligonuclotides bi-substrats", par Rostom AHMED-BELKACEM

"Ciblage cellulaire et intracellulaire de TRAP1 comme nouvelle approche thrapeutique contre le cancer", par Cllia MATTHIEU

 

 Séance académique

Mercredi 8 février 2023 à 14 h 00

Salle des Actes

Faculté de Pharmacie de Paris,

4, avenue de l’Observatoire, Paris 6ème

 

Activités administratives de l’Académie

Informations du Président

Informations du Secrétaire Perpétuel

 

Travaux scientifiques & professionnels

Communications (15 min + 5 min (Q/R))

« Préparation des doses à administrer : il y a automate et automate »

Claude Demange, Pharmacien, Service Pharmacie, Hôpitaux du Massif des Vosges

Diapositives présentées

Vidéo de la présentation

Les Hôpitaux du Massif des Vosges d’une capacité de 1000 lits, regroupent plusieurs établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, adossés à un établissement sanitaire. Actuellement la Préparation des Doses à Administrer, exclusivement manuelle, couvre près de 700 lits. Notre projet de généraliser la PDA passe par l’acquisition d’automates. Notre choix s’est porté sur des automates de sur-conditionnement et nous en expliquons les raisons. Nous déplorons l’usage des automates de déconditionnement et en expliquons également les raisons.

Nous soulevons également la question du revirement de la section H de l’Ordre des Pharmaciens entre son référentiel de 2009 et le récent référentiel de 2021, qui est de nature à remettre en question le conditionnement unitaire en raison de la résurgence du conditionnement en vrac, cependant plus onéreux.

Enfin, nous en appelons aux sociétés savantes pour l’instauration d’un débat au sein de la profession et l’établissement d’un nouveau référentiel pour :

  • La généralisation de la présentation unitaire
  • L’arrêt d’une pratique totalement anachronique tel que le déconditionnement généralisé via l’utilisation d’automates de déconditionnement.

« Alimentation et santé respiratoire/allergies chez les enfants en milieu urbain : étude de la cohorte PARIS»

Hélène Amazouz, Docteur en épidémiologie, Université Paris-Cité, INSERM, INRAE, équipe HERA « Health Environmenta Risk Assessment » Lauréate du Prix Santé et Environnement 2022

Diapositives présentées

Vidéo de la présentation

Introduction. Au cours des dernières décennies, la prévalence des pathologies allergiques a fortement augmenté. Plusieurs facteurs (héréditaires, environnementaux et comportementaux) peuvent influencer cette augmentation et notamment l’alimentation qui a largement évoluée ces dernières années (développement de laits infantiles, régime occidental, aliments ultra transformés, etc.).

Objectif. Dans ce contexte, ces travaux de recherches en santé publique ont visé à explorer, pour la première fois dans la cohorte PARIS, les données d’alimentation du nourrisson et de l’enfant à 8 ans. Les objectifs étaient (1) d’identifier et de caractériser des profils/groupes d’alimentation (du nourrisson et de l’enfant) et (2) d’étudier les liens avec la santé respiratoire/les allergies chez les enfants.

Principaux résultats. Ces travaux de thèse s’appuient sur les données de grande qualité issues du suivi des 3840 enfants franciliens de la cohorte de naissances PARIS (Pollution and Asthma Risk: an Infant Study). Les principaux résultats montrent que l’alimentation des nourrissons et des enfants de la cohorte PARIS est associée à la santé respiratoire et aux allergies à 8 ans. Concernant l’alimentation du nourrisson, les résultats suggèrent que l’allaitement est relié à un meilleur état de santé allergique à 8 ans, tandis que la prise de préparations infantiles partiellement hydrolysées avec un label HA (hypoallergénique) semble délétère. Durant l’enfance, une alimentation plus diversifiée ou plus saine à 8 ans a un effet bénéfique sur le risque d’être sensibilisé à des allergènes. Et une autre étude a montré qu’une adhésion plus forte au régime méditerranéen à 8 ans était associée à un risque plus faible d'asthme et de sensibilisation allergénique, ainsi qu’à des paramètres de la fonction respiratoire plus élevés.

Conclusion. Les résultats contribuent à améliorer les connaissances et soutiennent les recommandations actuelles de santé publique privilégiant l’allaitement et une alimentation saine durant l’enfance, et apportent de nouvelles pistes pour prévenir les problèmes respiratoires et allergiques par l’alimentation.

« Inhibition de 2’0 et N7 méthytransférases virales par des nucléosides et oligonucléotides bi-substrats »

Rostom Ahmed-Belkacem, Chercheur Post-Doctoral, Institut des Biomolécules Max Mousseron, Montpellier, Lauréat du Prix Sciences Physico-Chimiques 2022

Diapositives présentées

Vidéo de la présentation

Libérées chez l’hôte lors de l’infection, les méthyltransférases (MTases) des virus émergents sont impliquées dans la méthylation de la coiffe de leur ARN messager (ARNm). Ces méthylations en utilisant la S-adénosylméthionine (SAM) comme donneur de méthyle augmentent la stabilité de l’ARNm dans la cellule tout en le protégeant des récepteurs cellulaires du système immunitaire inné. Les ARNm subissent ainsi des méthylations en position N7 de la guanosine de la coiffe et en position 2’O du premier nucléotide (adénosine ou guanosine) ou de nucléotides internes. Leur rôle est donc primordial et une désactivation de ces méthyltransférases pourrait entrainer l’élimination du virus par stimulation du système immunitaire inné.

Début 2019 au laboratoire, de nouveaux analogues nucléosides bisubstrats (rentrant en compétition avec le SAM et l’ARNm viral dans la MTase) ont montré des inhibitions intéressantes de la N7-MTase nsp14 du SARS-CoV (épidémie 2002-2004). Le mode d’interaction de ces composés inédits a en partie été élucidé par des expériences de docking moléculaire. Un an plus tard, à l’émergence du SARS-CoV-2 (Covid-19), des analyses génomiques révélant une similarité de 95% entre SARS-CoV nsp14 et SARS-CoV-2 nsp14 nous ont permis de montrer que ces composés inhibent dans le même ordre de grandeur ces deux méthyltransférases. S’inspirant de leurs structures et en s’appuyant sur la modélisation moléculaire, de nouveaux analogues ont été synthétisés. Le meilleur d’entre eux inhibe SARS-CoV-2 nsp14 (IC50 = 19 nM), et ce de façon spécifique car il inhibe très faiblement la N7-MTase humaine hRNMT.

En parallèle, des oligonucléotides mimant l’état de transition de la 2’O-méthylation de l’ARNm viral par le SAM ont été développés et la plupart ont montré des inhibitions (IC50 à l’échelle de centaine de nanomolaires) des 2’O-MTases nsp16 du SARS-CoV-2 et NS5 du virus de la Dengue et du virus Zika.

« Ciblage cellulaire et intracellulaire de TRAP1 comme nouvelle approche thérapeutique contre le cancer »

Clélia Matthieu, Prix de Formulation galénique 2022

Vidéo de la présentation

La famille des chaperonnes HSP90, localisées dans différents organites cellulaires, a été choisie comme cible pour traiter les résistances aux traitement anti-tumoraux. HSP90 est une cible intéressante parce que son inhibition conduit à la dégradation des oncoprotéines clientes et réduit la croissance tumorale. HSP90 peut être inhibée par différentes familles de molécules, qui agissent principalement sur le domaine N-terminal ou C-terminal de la protéine. Cependant, l’inhibition N-terminale d’HSP90 déclenche la libération de HSF-1 et active ainsi une réponse de choc thermique (HSR) (induction de HSP70 et 90), conduisant à une résistance au traitement et contrecarrant l’effet d’inhibition. Par conséquent, il semble très intéressant de cibler le domaine C-terminal puisque son inhibition ne libère pas de HSF-1. Notre groupe a développé précédemment un inhibiteur C-terminal HSP90 : le 6-BrCaQ. Pour améliorer l’activité de cet inhibiteur, l’analogue mitochondrial de HSP90 (TRAP1) a été choisie comme une cible car les mitochondries sont le siège de la production d’énergie des cellules et régulent l’apoptose et le métabolisme. Nos travaux ont consisté d’abord à modifier le 6-BrCaQ pour qu’il s’accumule dans les mitochondries en le conjuguant au triphenylphosphonium (TPP+), puis à encapsuler le nouvel inhibiteur dans des liposomes, afin de cibler la fonction mitochondriale dans les cellules de cancer du côlon et du sein. Pour atteindre spécifiquement les cellules cancéreuses, nous avons greffé à la surface des liposomes des ligands reconnaissant le récepteur nucléoline, surexprimé dans les cellules cancéreuses et impliqué dans la prolifération cellulaire et l’angiogenèse. Avec cette approche, nous développons un système permettant une meilleure compréhension du mécanisme d’inhibition et de la réponse cellulaire à travers HSP90 à différents niveaux dans les cellules.  Cette stratégie améliorera la sélectivité tumorale en ajoutant un ciblage subcellulaire et facilitera l’administration du médicament.

 

Clôture par le Président, Bruno Bonnemain

 

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