Sance thmatique

Cette sance est diffuse via Youtube : https://youtu.be/ltKfpB3Psj0.
"Imagerie diagnostique et interventionnelle. Progrs et perspectives"

Introduction par Jean-Franois MEDER

EXPOSS

"Innovations disruptives en imagerie : est-ce la fin ?", Denis LE BIHAN

"Imagerie fonctionnelle par ultrasons", Mickal TANTER

"L'intelligence artificielle en radiologie en 2021, applications et enjeux", Laure FOURNIER

"volution de l'imagerie interventionnelle", Tom BOEKEN

"Recherche et volution des produits de contraste en radiologie", Olivier CLEMENT

 

 

« Imagerie diagnostique et interventionnelle. Progrès et perspectives »

Séance thématique

Mercredi 5 mai 2021

 

L’objectif de la séance est de faire un point sur l’évolution de l’imagerie diagnostique et interventionnelle qui évolue très rapidement depuis quelques années. L’AnP est impliquée à travers les produits de contraste (problème en particulier du gadolinium), les dispositifs médicaux et la radiopharmacie pour la scintigraphie conventionnelle et la TEP. Concernant le gadolinium, certains produits ont été retirés du marché en 2018 en raison des risques associés à l’accumulation cérébrale de gadolinium pour ces produits. Il y a eu aussi des avancées significatives dans le domaine des ultrasons, de l’IRM et du scanner. Par ailleurs, les pharmaciens hospitaliers sont étroitement associés aux radiologues pour le choix et la fourniture des dispositifs médicaux en radiologie interventionnelle. Toutes ces informations sont utiles pour le pharmacien d’officine face aux patients qui, souvent, posent des questions lorsqu’ils viennent prendre des produits de contraste pour un examen.

Ouverture de la séance par Gilles Aulagner », Président de l’Académie nationale de Pharmacie

Introduction par Jean-François Meder, Président de la Société Française de Radiologie

Vidéo de la présentation


« Innovations disruptives en imagerie médicale : est-ce la fin ?  » 

Dr Denis Le Bihan, médecin, physicien, Directeur de Neurospin, membre de l’Académie des Sciences, membre de l’Académie des Technologies, membre associé à l’Académie nationale de Pharmacie

Vidéo de la présentation

Diapositives présentées

« Imagerie fonctionnelle par ultrasons »

Pr Mickael Tanter, Physics for Medicine Paris, INSERM, ESPCI Paris, CNRS, PSL University, Paris, France

Vidéo de la présentation

Au cours des vingt dernières années, l'introduction progressive de transmissions d'ondes ultrasonores planes ou divergentes plutôt que de faisceaux focalisés a permis de dépasser les limites fondamentales de résolution de l'imagerie par ultrasons. En utilisant des transmissions à champ de vision aussi large, la fréquence d'images atteint la limite théorique de la physique dictée par la vitesse des ultrasons et une carte ultrasonore peut être fournie typiquement en dizaines de micro-secondes (plusieurs milliers d'images par seconde). Cette cadence ultrarapide permet l'avènement de nouveaux modes d'imagerie par ultrasons, comme par exemple l'élastographie par ondes de cisaillement1-2 pour le diagnostic du cancer et des maladies cardiovasculaires, l'imagerie Doppler ultrarapide et plus particulièrement l'imagerie fonctionnelle de l'activité cérébrale par ultrasons introduisant l'échographie comme une nouvelle modalité de neuroimagerie à part entière.

À ces fréquences d'images ultrarapides, il devient possible de suivre en temps réel les vibrations transitoires - appelées ondes de cisaillement - se propageant à travers les organes. Une telle «sismologie du corps humain» fournit des cartes quantitatives de rigidité tissulaire locale dont la valeur ajoutée pour le diagnostic a été récemment démontrée dans de nombreux domaines de la radiologie (cancer du sein, de la prostate et du foie, imagerie cardiovasculaire, ...).

Pour l'imagerie du flux sanguin, le Doppler ultrarapide permet une caractérisation de haute précision des flux vasculaires et cardiaques complexes. Il donne également aux ultrasons la capacité de détecter un flux sanguin très subtil dans de très petits vaisseaux. Dans le cerveau, un tel Doppler ultrasensible ouvre la voie à l'imagerie de l'activité cérébrale avec une résolution spatiale et temporelle sans précédent par rapport à l'IRMf 3-8.

Enfin, nous avons récemment démontré qu'il peut être combiné avec des injections de microbulles de 3 µm de diamètre afin de fournir une première modalité d'imagerie in vivo et non invasive à des échelles microscopiques profondément dans les organes combinée avec des agents de contraste en localisant la position de millions de microbulles à ultra-rapide fréquences d'images. Cette technique de microscopie de localisation par ultrasons résout pour la première fois le problème de l'imagerie in vivo à l'échelle microscopique de l'ensemble du système vasculaire cérébral 9-10.

  1. M. Tanter and M. Fink, Ultrafast Imaging in Biomedical Ultrasound, IEEE UFFC, 61(1), pp. 102-119, 2014
  2. M.E. Fernandez-Sanchez et al, Nature, July 2015
  3. Mace et al., Nature Methods, Jun. 2011
  4. Osmanski et al, Nature Comm., Oct. 2014


« L’intelligence artificielle en radiologie en 2020, applications et enjeux »

Pr Laure Fournier, PU-PH de radiologie (Professeur des Universités - Praticien Hospitalier), Université de Paris, APHP - Hôpital européen Georges Pompidou

Vidéo de la présentation

L'intelligence artificielle regroupe des méthodes d'analyse d'images par apprentissage automatique, c'est-à-dire où un modèle apprend à partir de données comment classer des images ou prédire des devenirs. Les développements récents sur la vision assistée par ordinateur dans des domaines en dehors de la santé, en particulier avec les réseaux de neurones, ont permis d'espérer développer des outils d'aide au diagnostic performants et fiables. Cependant, des limites persistent en termes de généralisabilité à d'autres populations, robustesse et méthodes de validation. En dehors de la reconnaissance d'images, les outils d'intelligence artificielle ont des applications dans la reconstruction des images de très haute qualité, la gestion des flux de patients dans les services d'imagerie, et la communication avec le patient et le clinicien référent.


« Évolution de l’imagerie interventionnelle »

Tom Boeken,

Vidéo de la présentation

 

« Recherche et évolution des produits de contraste en radiologie » 

Pr Olivier Clément, HEGP, APHP, Université de Paris

Vidéo de la présentation

Diapositives présentées

Les produits de contraste en radiologie ont toujours été développés de pair avec les nouvelles techniques d’imagerie. Ce sont des médicaments diagnostiques qui partagent le même schéma de développement et de surveillance que les médicaments thérapeutiques. Les produits de contraste iodés s’imposent pour l’imagerie par Rayons X et depuis l’avènement des produits non ioniques il y a 40 ans leur utilisation ne fait qu’augmenter à travers le monde par l’augmentation du parc de scanners. Ce sont des petites molécules qui permettent de visualiser l’anatomie vasculaire, le rehaussement des parenchymes et l’élimination urinaire. L’IRM utilise également des petites molécules qui suivent la même cinétique, les chélates de gadolinium. Pour l’échographie, des microbulles ont été développées pour le rehaussement macro et microvasculaire. La tolérance des produits de contraste est généralement excellente pour les doses massives qui sont administrées en comparaison des médicaments diagnostiques. Pour les produits iodés, les effets secondaires rénaux et allergiques sont les plus connus et redoutés. Les produits gadolinés ont initialement été considérés comme très sûrs, mais l’usage a montré que des réactions allergiques étaient observées avec tous les produits. Plus récemment deux affaires de pharmacovigilance ont déclenché une méfiance globale vis à vis des chélates de gadolinium : la fibrose systémique néphrogénique en 2007 et les dépôts intracérébraux en 2014 qui ont entrainé une procédure article 31 de la pharmacovigilance européenne. Ceci a finalement abouti en 2017 au retrait des chélates linéaires du marché européen. Depuis, l’évaluation précise du rapport bénéfice risque pour le patient est mise en exergue et les sociétés de spécialité d’imagerie ont commencé à publier des recommandations pour les indications d’injection par pathologie (surveillance de SEP, d’AVC, surveillance de lésion hépatique par exemple). Les chélates de gadolinium sont d’un apport diagnostique extrêmement élevé pour le radiologue, et il est très important que le public comprenne qu’ils sont indispensables à un diagnostic optimal dans de nombreux cas.

La recherche en produits de contraste en imagerie est riche. En rayons X, l’arrivée proche des scanners spectraux qui permettront une analyse fine de l’absorption du faisceau par le produit de contraste, permet d’imaginer des produits à base d’argent, d’or ou de tantale.

En IRM le développement de nouveaux produits gadolinés passera par une meilleure relaxivité pour diminuer la dose, tout en maintenant une stabilité maximale du chélate. Finalement, l’imagerie moléculaire clinique est encore loin de quitter le domaine de la médecine nucléaire, sauf peut-être pour les produits optiques utilisables par les chirurgiens et les endoscopistes.

 

Clôture par Gilles Aulagner, Président de l’Académie nationale de Pharmacie