Sance acadmique du 6 dcembre 2017

Diapositives prsentes lors de la sance du 6 dcembre 2017
"La simulation numrique et la ralit virtuelle en sant, quels apports dans l'apprentissage ?" par Jrme Leleu et Guillaume Brun
"Les microARN : de leur rle en tant que rgulateurs cellulaires leur utilisation comme biomarqueurs et cibles ou agents thrapeutiques" par Bernard Hainque
"Innovations pdagogiques Paris Descartes" par Franoise Brion et Michel Vidal
"Les plantes tropicales, sources potentielles de mdicaments antipaludiques" par Michel Frederich
"L'opportunisme : la meilleure voie vers la virulence bactrienne" par Jean-Christophe Giard
"La pharmacogntique : de la variabilit du gnome l'identification de biomarqueurs" par Marie-Anne-Loriot

Séance académique

 

Mercredi 6 décembre 2017 à 14 h 00

 

1.        Ouverture de la séance par le Président, Claude Vigneron
2.        Assemblée (ordre du jour adressé séparément)
3.        Activités administratives de l’Académie

  •  Approbation du compte rendu de la séance académique du 8 novembre 2017
  •  Informations du Président
  • Lecture de la correspondance et informations de la Secrétaire Perpétuel
  • Élections

 

4.        Travaux scientifiques & professionnels

4.1 Question d’actualité (10 min)

« La simulation numérique et la réalité virtuelle en santé, quels apports dans l’apprentissage ? »

Jérôme Leleu, Président de Sim for Health, Paris et Guillaume Brun, Pharmacien

Diapositives présentées

La simulation numérique en santé, le chaînon intermédiaire entre la théorie et la pratique, correspond à l'utilisation des technologies du numérique pour reproduire des situations ou des environnements de soins, enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques et permettre de répéter des processus, des situations cliniques ou des prises de décision par un professionnel de santé. Il existe plusieurs formes de simulation au service de la santé :

  • la simulation procédurale,
  • le patient standardisé,
  • la simulation haute-fidélité,
  • la simulation numérique.

Les pharmaciens peuvent bénéficier de simulateurs pour :

  • l’entretien pharmaceutique,
  • le bilan de médication,
  • la formation à la vaccination officinale,
  • les gestes techniques,
  • ou encore la formation à la prise en charge des urgences à l’officine.

Grâce aux technologies de réalité virtuelle, augmentée ou simulation 3D, on constate une augmentation l’engagement de l’apprenant via le côté ludique, l’apprentissage multimodal et permet la disponibilité permanente des modules de formation ainsi que la multiplicité des cas cliniques à disposition.

4.1 Exposés (20 min)

« Les MicroARN : de leur rôle en tant que régulateurs cellulaires à leur utilisation comme biomarqueurs et cibles ou agents thérapeutiques »

Bernard Hainque, Professeur des Universités, Praticien Hospitalier

Diapositives présentées

Les micro-ARN sont des acides ribonucléiques constitués d’une vingtaine de nucléotides, qui régulent négativement le niveau d’expression des protéines des cellules eucaryotes, en inhibant la traduction ou en activant la dégradation de leurs ARN messagers (ARNm). Ils font partie de la classe des petits ARN non codants responsables du phénomène qualifié « d’interférence par ARN ». Chez l’homme, la base de données miRBase répertorie actuellement 2588 micro-ARN matures. Pour exercer leur action au niveau de leurs ARNm cibles, les micro-ARN forment un complexe ribonucléoprotéique avec les protéines de la famille Argonaute. Le micro-ARN confère au complexe sa capacité de reconnaissance vis-à-vis d’un ou plusieurs ARNm cibles et la protéine Argonaute se comporte comme un transducteur / effecteur interagissant avec les machineries traductionnelle et de dégradation des ARNm.

Les micro-ARN interviennent dans l’ensemble des processus physiologiques des organismes, ce qui va bien au-delà des aspects développementaux à l’origine de leur découverte, aussi leur implication dans de nombreuses pathologies est-elle grandissante, soit dans un rôle indirect comme facteur intermédiaire d’une dérégulation, soit dans un rôle direct comme facteur responsable de celle-ci. En cancérologie par exemple, certains micro-ARN se comportent comme des oncogènes en ciblant des ARNm de suppresseurs de tumeurs ou comme des suppresseurs de tumeurs en ciblant des ARNm d’oncogènes. En génétique humaine, on connait actuellement de nombreuses maladies causées par des mutations dans les gènes à l’origine des micro-ARN ou dans ceux de leurs ARNm cibles. En raison, d’une part, de la dérégulation de leur expression cellulaire observée dans de nombreuses pathologies, et d’autre part, de la capacité des cellules à les secréter ou les libérer dans les milieux extracellulaires, les micro-ARN circulants constituent désormais une nouvelle classe de biomarqueurs non invasifs.

Outre leurs propriétés potentielles de biomarqueurs, les dérégulations de l’expression des micro-ARN en situations pathologiques en font de possibles cibles ou agents thérapeutiques. Des stratégies d’apports de micro-ARN thérapeutiques peuvent être envisagées pour compenser une sous-expression pathologique. A l’inverse, l’inhibition d’un ou plusieurs micro-ARN surexprimés et délétères peut être réalisée par des oligonucléotides « antagonistes » complémentaires et chimiquement modifiés.

« Innovations pédagogiques à Paris Descartes »

Françoise Brion, Professeur émérite à la Faculté de Pharmacie de l’Université Paris-Descartes, membre de l’Académie nationale de Pharmacie, Michel Vidal, PU-PH Cochin Hôpitaux de Paris-Centre AP-HP et Faculté de Pharmacie de l’Université Paris-Descartes, membres de l’Académie nationales de Pharmacie

Dans les années 2000, les modes de communication des enseignants, se sont trouvés en déphasage par rapport aux nouvelles technologies ayant la faveur des étudiants attirés par les tablettes, mobiles… et interagissant sur les réseaux sociaux. Les enseignants ont ainsi été contraints de s’adapter à ce changement de paradigme.

La première innovation est venue en grande partie, de la facilité d’accès aux cours grâce à  l’ouverture de la plateforme Moodle à l’Université Paris-Descartes, où sont déposés les diaporamas et les enregistrements de tous les cours sous réserve de l’autorisation de l’enseignant. Dès 2009, un système mis en place lors de la réforme de la Paces a permis de dispenser les cours dans deux amphithéâtres simultanément. Paris- Descartes possède, comme d’autres Universités, une très riche médiathèque.

D’aucuns  regretteront la perte progressive du caractère un peu solennel des cours magistraux d’antan, ils font désormais la part belle – et c’est la  deuxième innovation - à l’introduction de façon aléatoire pendant les cours, de logiciels interactifs AVANâ, VOTARâ…qui permettent de tester la compréhension immédiate des étudiants et/ou de vérifier leur attention à suivre.

Ces innovations se sont accompagnées de la mise en ligne de tests afin de permettre aux étudiants d’évaluer leur acquis de connaissances mais aussi, de réaliser des contrôles continus. Il est également possible pour un étudiant de déposer directement sur la plateforme Moodle un travail personnel réalisé chez lui. De même, les disciplines présentant des épreuves de reconnaissances ont mis en ligne des visuels tels que plantes, champignons, dispositifs médicaux…

Des MOOCS sont même à la disposition du grand public dans certains cas (Toxicologie, PK, champignons).

La troisième innovation a été de créer des structures dotées d’équipements sophistiqués dont la Pharmacie expérimentale « Pharméduc » en 2010, l’Atelier de création d’innovations pédagogiques ACIP et Mini Acip, équipé d’un système de caméras, d’enregistrement, de diffusion à distance….et l’introduction d’un écran géant équipé de la technologie 3D, ce qui a révolutionné l’enseignement de la chimie thérapeutique ou de l’anatomie.

Des innovations sont plus spécifiques à telle ou telle discipline. Ainsi, la pharmacie clinique a développé, pour le parcours officine, des  jeux de rôles, des mises en situation. À titre d’exemple, nous avons réalisé un « serious game » sur le suivi du patient asthmatique.  La chimie thérapeutique et d’autres ont développé des « classes inversées » y compris en amphithéâtre où l’étudiant prend en quelque sorte la place de l’enseignant dont le rôle est alors d’organiser, équilibrer les interventions, corriger les erreurs, développer des notions trop superficielles, ajouter les points oubliés ou encore aider à la synthèse.

Le logiciel Story lineâ acquis récemment par la Faculté, permet désormais de développer du e-learning mais aussi de pouvoir être appliqué à la conception de visites virtuelles valorisant notre patrimoine culturel telles que la galerie Guillaume Valette, faisant découvrir la magnifique collection de pots de pharmacie.

En conclusion, toutes les innovations précédemment décrites n’ont vu le jour que grâce à l’impulsion de nos doyens successifs, au dynamisme des enseignants pionniers et surtout à la participation de la cellule Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignement (TICE), dirigée par Mme Virginie Lasserre, maitre de conférence en mathématique/biostatistique.

« Les plantes tropicales, sources potentielles de médicaments antipaludiques »

Michel Frederich, Professeur, Université de Liège

Diapositives présentées

Le paludisme, provoqué par un parasite Apicomplexa du genre Plasmodium, transmis par des moustiques du genre Anopheles, a été responsable en 2015 de 429 000 décès dans le monde (1). La résistance des parasites aux médicaments disponibles et abordables est devenue un problème répandu dans les pays d’endémie, rendant encore plus nécessaire la recherche de nouveaux composés antipaludiques. Des résistances à l’artémisinine, médicament de référence, sont ainsi apparues dans différents pays asiatiques depuis quelques années (2).

Selon Newmann et Cragg (3), plus de 60% des médicaments antiparasitaires découverts entre 1981 et 2014 sont des produits naturels (12,5%), des dérivés de produits naturels (31,3%) ou des médicaments synthétiques inspirés d’un pharmacophore naturel (18,8%). Plus particulièrement, les plantes constituent un réservoir potentiel de nouveaux médicaments antipaludiques (4, 5).

La première partie de l’exposé sera consacrée à une introduction de la problématique et aux grands remèdes du paludisme d’origine végétale, plus particulièrement à la découverte de l’artémisinine, prix Nobel de Médecine 2015. La seconde partie décrira quelques travaux de recherche au sein du laboratoire de Pharmacognosie de l’Université de Liège, portant sur les plantes Strychnos icaja, Terminalia mollis, Mezoneuron benthamianum et Poupartia borbonica (6).

(1) OMS, Rapport sur le paludisme dans le monde; 2016; p 280.

(2) OMS. Status report on artemisinin and ACT resistance (April 2017); 2017, 11 pages.

(3) Newman, D.J .; Cragg, G.M. J. Nat. Prod. 2016, 79, (3), 629-61.

(4) Frédérich M., Tits M., Angenot L. , Trans. R. Soc. Trop. Med. Hyg.  2008, 102, 11-19.

(5) Bero, J .; Frédérich, M.; Quetin-Leclercq, J. Pharm. Pharmacol.2009, 61, (11), 1401-1433.

(6) Ledoux, A., St Gelais, A., (…), Frédérich, M. J. Nat. Prod. 2017, 80, 1750-1757.

 

4.3 Communications (10 min)

« L’opportunisme : la meilleure voie vers la virulence bactérienne »

Jean-Christophe Giard, Professeur des Universités, Faculté de Pharmacie de l’Université de Caen-Normandie. Directeur de l’équipe « Antibio-résistance » de l’Unité de Recherche Risques Microbiens (U2RM), CHU Côte de Nacre, Caen, présenté par la 3ème section

Diapositives présentées

C’est à partir des années 1880 que Robert Koch établi la relation de causalité entre la présence d’un agent pathogène et la maladie. Pour autant, si dans le cas d’une maladie infectieuse on retrouve en effet le microorganisme responsable (ou des éléments constitutifs), la réciproque n’est pas toujours vraie (cas des « porteurs sains »). Une espèce qui détient un pouvoir pathogène se révèle effectivement virulente dans la mesure où elle est capable de s’adapter à un environnement particulier et lorsque les conditions d’expression des facteurs de virulence sont réunies. En d’autres termes, elle doit être avant tout opportuniste. Ceci est bien illustré par les infections dites « associées aux soins » car sont souvent le fait de bactéries a priori « innocentes » présentes naturellement au sein de l’organisme. Ainsi les Entérocoques (majoritairement les espèces faecalis et faecium), largement représentés dans notre tube digestif, peuvent être à l’origine d’infections graves. Ils constituent donc un modèle de choix pour l’étude des mécanismes qui régissent le passage d’un état de bactérie commensale à celui de redoutable pathogène.

Durant ces 15 dernières années, de nombreux régulateurs transcriptionnels ainsi que des ARN non codants ont été étudiés et sont apparus comme des éléments clef pour expliquer la capacité d’adaptation de la bactérie. On peut citer le régulateur AsrR, impliqué dans la réponse au stress oxydatif, la formation de biofilm, la résistance aux antimicrobiens, ainsi que dans la virulence d’E. faecium. Un second élément qui confère un « avantage sélectif » à la bactérie est celui d’acquérir des résistances aux antibiotiques sensés les éradiquer. Les entérocoques sont bien connus pour cela. Une étude récente montre que des cellules d’E. faecium résistantes à la daptomycine sont également capables de retrouver rapidement un phénotype de sensibilité lorsque la pression de sélection disparait. Enfin, pour pointer à nouveau le lien entre l’adaptation (opportunisme) et la virulence, on peut évoquer le rôle de la protéine CspR. Cette « cold shock protein » est impliquée dans la croissance à basse température et possède la capacité de se lier à des ARN. Curieusement, CspR joue un rôle dans la virulence d’E. faecalis et peut se localiser à la surface de la bactérie. Des expériences de virulence menées en présence d’anticorps anti-CspR laissent à penser qu’elle pourrait être une bonne cible d’immunothérapie.

« La pharmacogénétique : de la variabilité du génome à l’identification de biomarqueurs »

Marie-Anne Loriot, Université Paris Descartes, INSERM UMR_S1147, Centre Universitaire des Saints-Pères, Paris, France, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Hôpital Européen Georges Pompidou, Service de Biochimie, Paris, France, présentée par la 2ème section

Diapositives présentées

La réponse aux médicaments est extrêmement variable d’un individu à l’autre, tant sur le plan de l’efficacité que des effets indésirables. Cette variabilité de réponse, difficile à prévoir, représente un frein au bon usage du médicament et occasionne des accidents médicamenteux dont la fréquence et le coût représentent un véritable problème de santé publique. Une partie de cette variabilité de réponse aux médicaments est d’origine génétique : la pharmacogénétique est l’étude des facteurs génétiques impliqués dans la réponse aux médicaments.

Elle vise trois objectifs pour un médicament donné :

  • identifier les sujets répondeurs et non-répondeurs ;
  • identifier les sujets à risque de survenue d’un événement indésirable ;
  • prévoir la dose la plus adaptée à chaque individu.

Des unités de pharmacogénétique se sont mis en place au sein de laboratoires hospitaliers français et se sont regroupées au sein du réseau national de pharmacogénétique. L’impact clinique de ces structures est encore limité et de nombreuses questions d’ordre organisationnel, éthique, juridique, technique, social et économique les concernant restent à résoudre. Grâce à une meilleure information auprès des médecins et son intégration via des outils bio-informatiques dans la pratique clinique courante, la pharmacogénétique constituera une aide efficace pour les prescripteurs avec la perspective d’une individualisation des traitements médicamenteux.

 

Clôture par le Président Claude Vigneron

 

 

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