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Les origines de l'Académie nationale de Pharmacie
Trois dates ont marqué en France l'organisation de la profession pharmaceutique à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe :
o Une déclaration royale du 25 avril 1777, reconnaissant la valeur de la Pharmacie « art précieux à l'humanité », donna sa totale indépendance à la corporation des apothicaires, qui prit le nom de « Collège de Pharmacie ». Ce Collège de pharmacie donnait des cours publics et gratuits, tenait des réunions scientifiques à la « Maison de la Charité Chrétienne » créée deux cents ans auparavant (1578) par Nicolas HOUEL, maître apothicaire, rue de l'Arbalète, pour en faire un hôpital pour enfants pauvres, mais aussi une apothicairerie pour la préparation des médicaments et le « jardin des Apothicaires de Paris » destinée à la culture et à l'étude des « simples ». Ces cours du Collège de pharmacie, tels qu'ils sont définis par la déclaration royale de 25 avril 1777, sont organisés « pour entretenir l'émulation, profiter des découvertes, remédier aux abus et perfectionner l'art », et l'installation officielle du Collège eut lieu le 30 juin 1777 sous la présidence de Le Noir, lieutenant de police. Dès 1780 le Collège est normalement constitué, il tient des séances publiques, exerce avec succès ses fonctions de corps enseignant, assure la formation technique de l'apothicaire. L'émulation scolaire est soigneusement entretenue par de nombreux prix qui récompensent les meilleurs élèves.
Mais survient la Révolution : malgré les services éminents qu'il rendait au public, le Collège ne pouvait échapper aux secousses de la tourmente révolutionnaire. Son esprit corporatif était contraire aux nouveaux principes de liberté, et le décret du 2 mars 1791 supprime toutes les corporations y compris le Collège de pharmacie. La pharmacie devient libre et n'importe qui peut s'établir et délivrer des remèdes. Cependant, devant les inconvénients graves qui en résultent tout de suite pour la santé publique, le Collège est rétabli dans ses droits et prérogatives le 14 avril suivant (donc six semaines après) à titre provisoire.
o Le provisoire se prolongeant, les pharmaciens créent le 30 ventôse An IV (20 mars 1796) la « Société libre des pharmaciens de Paris » constituée des 137 membres résidants du Collège, qui poursuivent plus officiellement leurs activités : représenter la profession, concourir au progrès des sciences et spécialement de la pharmacie, et instruire les futurs pharmaciens dans leur « Ecole gratuite de Pharmacie ».
Les cours d'enseignements se poursuivirent dans les locaux de la rue de l'Arbalète. Ceux-ci échappèrent à la vente qui frappait tous les lieux ayant appartenu à une corporation abolie, et ceci grâce à l'habileté de Truson, alors directeur, qui proposa au Directoire d'effectuer dans ses laboratoires des analyses de vin et autres boissons : le gouvernement donna son accord et l'établissement fut déclaré d'utilité publique.
La Société libre des pharmaciens de Paris avait trois objectifs : - « Concourir au progrès des sciences et spécialement de la pharmacie ». C'était donc une société savante. - Instruire les futurs pharmaciens par l'organisation de l'Ecole gratuite de pharmacie dans les locaux du Collège, rue de l'Arbalète. - Créer une société commerciale, qui en fait se borna à la préparation de la thériaque et de l'Eau de mélisse des Carmes. La Société libre des pharmaciens de Paris avait un support intéressant sous la forme du « Journal de la Société des pharmaciens de Paris » dont le premier numéro parut le 15 prairial An V (5 juin 1797), feuille in-4° imprimée sur deux colonnes et qui devait paraître tous les quinze jours, avec Fourcroy comme rédacteur en chef.
o Par la loi du 21 germinal An XI (11 avril 1803), le Consulat confie à l'Etat, le monopole de l'enseignement de la pharmacie en créant trois écoles à Montpellier, Paris et Strasbourg. Ainsi, les membres de la Société libre des Pharmaciens de Paris sont dépossédés pour la plupart de leur droit d'enseigner et de leurs locaux de la rue de l'Arbalète. C'est pour conserver leur activité de société savante et pour maintenir les liens de confraternité en France et à l'étranger, qu'ils créent quatre mois plus tard, le 15 thermidor An XI (3 août 1803), la Société de Pharmacie de Paris, dont le premier président fut Parmentier, alors pharmacien en chef des Invalides et le deuxième Vauquelin, alors directeur de la nouvelle Ecole de Pharmacie. Bouillon-Lagrange était alors secrétaire général et Delunel, secrétaire de correspondance.
Dès novembre 1803, la Société de Pharmacie fut officiellement autorisée à siéger dans les locaux de l'Ecole de Pharmacie. Elle a continué de siéger et de tenir régulièrement séance, depuis cette date, dans la Salle des Actes, salle qui fut transférée en 1882, avenue de l'Observatoire, en même temps que l'Ecole devenue depuis Faculté. C'est encore actuellement dans la Faculté que l'Académie siège et tient séance. Les statuts de cette Compagnie ont été modifié à plusieurs reprises depuis 1803 : en 1818, 1825, 1920, 1959, 1969, 1979, 1982 et plus récemment en 1992 (réforme statutaire) et en 1996.
Pour ses activités au service de la Science et de la Santé, la Société de Pharmacie de Paris, fut reconnue d'utilité publique le 5 octobre 1877 et accéda aux rang et titre d'Académie par décret présidentiel du 5 septembre 1946, puis d'Académie nationale de Pharmacie le 9 octobre 1979 .
Pour de plus amples informations sur cette histoire de l'Académie nationale de pharmacie, on peut utilement consulter l'ouvrage «L'Académie nationale de pharmacie : 1803-2003» publié en 2003, et plus particulièrement l'article de M. Christian Warolin intitulé « Sur les origines , évolution historique et statuts de l'Académie nationale de pharmacie »
Pour approfondir l'histoire de la Pharmacie en général, vous pouvez accéder au site de la Société d'histoire de la Pharmacie
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