Séances

Séances académiques - Comptes-rendus

 Séance académique

 

Mercredi 1er mars 2017

1.  Activités administratives de l’Académie

Assemblée Générale Ordinaire (14 h 00 à 14 h 30 : cf. Ordre du jour envoyé préalablement)

Approbation du procès-verbal de la séance du 1er février 2017

 Informations du Président

Lecture de la correspondance et informations du Secrétaire Perpétuel

2.  Travaux scientifiques & professionnels

2.1 Exposés (20 min)

« Principe de précaution et précautionnisme »

Gérald Bronner, Professeur de sociologie à l’Université Paris-Descartes, membre de l’Académie des Technologies

Inscrit dans la Constitution de la Cinquième République depuis le 1er mars 2005, le principe de précaution paraît être l'expression d'une nouvelle idéologie contemporaine du risque qui invite à l'application souvent inconditionnelle dudit principe. Cette idéologie n'est paradoxalement pas sans risque. La conférence proposera d'en expliquer et le succès et les conséquences possibles en examinant quelques-uns des enjeux socio-cognitifs du problème. Ce succès est aussi la conséquence de la dérégulation du marché de l'information que représente Internet et ne constitue, à ce titre, qu'une des facettes du la démagogie cognitive qui menace nos démocraties.

Mais l'opinion publique est-elle bien alertée du choix idéologique qu’implique le principe de précaution considéré comme la pierre d’angle de la décision politique en matière de santé publique, de sécurité environnementale et alimentaire ? Ses intuitions en matière de risque ont-elles des chances de rejoindre ce qu’il est convenu d’appeler l’intérêt général ?

Appuyé sur l'analyse d'un certain nombre d’éléments d’actualité ayant trait à ce débat : conclusion du « Grenelle de l’environnement », controverse autour des OGM, crainte concernant les antennes relais… ce livre propose de mettre en évidence les raisons pour lesquelles il est permis d'avoir des doutes à ce sujet.

Comment ?

En reconstruisant les racines idéologiques (anticapitalisme, conception erronée de la Nature, antiprométhéisme) et cognitives (hypersensibilité aux faibles probabilités, négligence de la taille de l’échantillon des phénomènes naturels) de la "philosophie" du principe en question.

L'objet de cet ouvrage n'est donc pas d'ajouter à la polémique en combattant le principe de précaution comme s'il était intrinsèquement absurde. Il est de décrypter une des idéologies majeures de notre temps, à la lumière de des résultats les plus récents des recherches conduites dans les domaines sciences sociales et cognitives.

 

« Visualisation de la structure du virus de l’hépatite C en microscopie électronique en transmission après immuno-capture spécifique »

Jean-Christophe Meunier, Chargé de recherche, INSERM

Diapositives présentées

Les techniques d’imageries à haute résolution (microscopie électronique en transmission) appliquées aux particules virales peuvent apporter des informations précieuses sur la structure des virus et par conséquent, sur leur mode de formation. C’est de plus par l’intermédiaire de cette technologie que presque tous les virus connus ont été mis en évidence. Toutefois, les observations qui avaient été publiées avant la parution de notre étude, y compris par le laboratoire leader concernant le VHC (Rockefeller institute, New York, USA. Dir : Pr. Charles Rice), n’avaient pas permis d’apporter une description précise de la structure des particules virales du VHC.

Nous avons développé au laboratoire une stratégie originale de préparation des échantillons viraux pour l’observation en microscopie électronique en transmission, destinée à préserver la structure naturelle des particules virales. Cette technologie permet également de capturer avec une grande efficacité les virus que nous souhaitons observer. Elle est potentiellement applicable à l’ensemble des virus actuellement connus.

Ainsi, nous avons pu pour la première fois obtenir des images détaillées de l’organisation structurelle du VHC. Le virus ayant été identifié en 1989 par des techniques de biologie moléculaire, les scientifiques auront donc travaillé 27 ans sur celui-ci sans en connaître l’apparence. Il est intéressant de souligner que la structure de ce virus avait été théorisée bien avant (Pr. Patrice André, Lyon) en se basant sur les résultats de biologie cellulaire et moléculaire, et que nos résultats confirment complètement la théorie du Pr. André.

Une particularité unique de ce virus explique en partie les difficultés que nous avons rencontré lors de sa caractérisation. En effet, il a été largement démontré maintenant que celui-ci circule dans le sang des patients sous la forme d’une structure hybride constituée des composants du virus lui-même d’une part, et d’autre part des composants des lipoprotéines : la lipo-viro particule, ce qui est donc l’autre nom du VHC. Une des conséquence de cette fusion est que le virus présente un aspect extrêmement inhabituel, proche de celui d’une lipoprotéine. Il est donc souvent difficile de faire visuellement la différence entre VHC et lipoprotéine. Par ailleurs, la quantité de cholestérol embarqué par la lipo-viro particule est très variable d’un virus à l’autre, ce qui induit une population virale très hétérogène en terme de taille et de forme (Je présenterai quelques images permettent de constater la différence entre le VHC et des virus de structure classique). Toutes les équipes ayant tenté de visualiser ce VHC avant nous se sont donc heurtées à ces écueils. Notre stratégie de capture virale, ainsi que quelques astuces expérimentales, ont résolu le problème. En 2016, nous avons donc présenté à la communauté scientifique les premières images de la structure réelle du virus de l’hépatite C (Gut, 2016). Je présenterai en détail l’essentiel de nos travaux, ainsi que les derniers résultats obtenus au laboratoire.

« L’asthme sévère : des bases physiopathologiques aux traitements ciblés »

Marina Pretolani, membre correspondant européen de l’Académie nationale de Pharmacie

Diapositives présentées

L’asthme est un syndrome multifactoriel à déterminisme génétique, mais de nombreuses autres composantes contribuent à sa pathogenèse, et notamment les facteurs de l’environnement, dont l’exposition aux allergènes et aux polluants atmosphériques. Une place prépondérante a été attribuée à l’inflammation de la paroi bronchique, en particulier à éosinophiles, dans la pathogénie de cette maladie et, de ce fait, une large majorité d’asthmatiques voit leur symptôme s’améliorer suite à la prise corticostéroïdes. Cependant, des études récentes ont montré que l’asthme regroupe en réalité différents phénotypes que l’on tente de définir selon des critères cliniques (ex. âge de début de la maladie, association ou non à l’atopie, co-morbidités, fréquence des exacerbations...), fonctionnels respiratoires (ex. obstruction bronchique irréversible), ou inflammatoires (prédominance de polynucléaires neutrophiles, ou éosinophiles dans la muqueuse bronchique). Ainsi, l'asthme allergique associé à une hyperéosinophilie sanguine et des voies aériennes se manifeste généralement sous une forme plus sévère, car moins contrôlée par les corticoïdes et caractérisée par un nombre plus élevé d’exacerbations. Les options thérapeutiques destinées à ces patients sont limitées à deux seuls traitements, sous forme d’anticorps monoclonaux anti-IgE (ex. omalizumab, ou dirigés contre l’interleukine (IL)-5 (ex. mépolizumab), une cytokine chimioattractante vis-à-vis des éosinophiles. Cependant, ces anticorps ne sont pas efficaces chez l’ensemble des asthmatiques sévères et, de ce fait, une proportion non négligeable de ces patients se trouve en impasse thérapeutique.

Les asthmes sévères non-contrôlés représentent entre 5 et 10% de sujets asthmatiques et, cliniquement, ils se traduisent par une persistance des symptômes respiratoires fréquents et invalidants, malgré un traitement par corticoïdes inhalés à dose maximale, un recours fréquent aux soins urgents et une forte consommation de corticoïdes oraux.[i] Ces formes sévères représentent entre 50 et 80 % du total des coûts de la prise en charge de l’asthme.

En plus d’une inflammation chronique, les voies aériennes des patients asthmatiques sévères, présentent des altérations structurales regroupées sous le terme de « remodelage bronchique », caractérisé par une augmentation du muscle lisse, une hypertrophie des cellules glandulaires, et une fibrose sous-épithéliale. Ce remodelage est responsable d’un épaississement de la paroi et d’une réduction du calibre et de l’élasticité des bronches, des éléments qui contribuent à la chronicité et à la sévérité des symptômes et qui jouent un rôle dans la persistance de l’obstruction bronchique dans l’asthme sévère. De plus, les éléments principaux du remodelage bronchique sont peu ou pas sensibles aux traitements à base de corticoïdes, voire aux bio-thérapies développées récemment (cf. plus haut) car ces dernières ciblent essentiellement la composante inflammatoire de l’asthme.

Comprendre les mécanismes physiopathologiques à l’origine du développement de l’asthme sévère, identifier le(s) biomarqueur(s) adéquat(s) permettant de caractériser des nouveaux phénotypes et suivre avec précision l’évolution de la maladie et sa réponse à un traitement, sont à ce jour les principaux enjeux de la recherche dans ce domaine auquel nous essayons d’apporter notre contribution. Deux exemples d’identification de nouveaux phénotypes d’asthme sévère (patients ayant une masse musculaire lisse bronchique excessive et patients sensibilisés aux moisissures, en particulier à Aspergillus fumigatus, seront discutés.

2.2 Présentation d’ouvrage :

« La révolution thérapeutique sous les trente glorieuses »

Écrit par Claude Monneret

Éditeur : Éditions universitaires européennes

ISBN 978-3-639-52591-5 - 151 pages

présenté par François Chast, Président Honoraire de l’Académie nationale de Pharmacie

Diapositives présentées

Texte lu

 

Clôture de la séance par le Président, Claude Vigneron

 

 

 

 

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