Publications

AcadPharm INFO - AcadPharm INFO

 Lettre électronique n°50 du 25/01/2010
  
logo_acadpharm
Lettre Electronique
Toute l’activité de l’Académie nationale de Pharmacie est accessible sur  www.acadpharm.org


Séance thématique

 « Flavonoïdes alimentaires et santé humaine,
particulièrement dans le domaine cardiovasculaire »

 Mercredi 27 janvier 2010 à partir de 14h00

 Salles des Actes

Faculté de Pharmacie

4, avenue de l’Observatoire

75006 Paris

  
Programme


.14H : Accueil par François Chast, Président de l’Académie nationale de Pharmacie

.14H05 : Introduction générale : Pourquoi s’intéresser aujourd’hui aux effets des flavonoïdes alimentaires sur la santé ?, par Jean-Claude Stoclet, Membre de l’Académie nationale de Pharmacie, Professeur honoraire à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg.

Dans les fruits et légumes, les flavonoïdes constituent, par le nombre de composés et les quantités présentes, la principale classe de polyphénols anti-oxydants et capteurs de radicaux libres. Ils sont particulièrement abondants dans des aliments et boissons comme le raisin et les préparations dérivées, le thé et le cacao, dont la consommation est réputée avoir des effets protecteurs contre différentes affections chroniques (maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, cancers, maladies neurodégénératives). Ils entrent en outre dans la composition de médicaments et d’adjuvants alimentaires. La Presse grand public et de nombreuses publicités se font souvent l’écho de ces vertus avérées ou supposées, attribuées aux polyphénols ingérés. Il parait aujourd’hui utile de faire le point des données scientifiques relatives à la réalité de ces effets, la nature des composés éventuellement responsables et leurs mécanismes d’action.

Ces questions seront abordées à l’aide de quelques exemples principalement choisis dans le domaine le mieux documenté, celui des maladies cardiovasculaires.

 

.14H15 : « Une connaissance fine des consommations en flavonoïdes et de leur devenir dans l’organisme est indispensable à l’évaluation de leurs effets sur la santé », par Augustin Scalbert, Claudine Manach, Vanessa Neveu, Jara Perez-Jimenez,

UMR1019-Unité de Nutrition humaine, Centre de Recherche de Clermont-Ferrand-Theix, 63122 Saint-Genes-Champanelles

Près de 300 flavonoïdes sont communément ingérés avec nos aliments. Ces flavonoïdes sont très largement métabolisés dans les tissus de notre organisme pour former des glucuronides, esters sulfate ou méthyl-éthers, ou encore transformés par la flore intestinale en divers acides phénoliques. Ces données sont trop rarement prises en compte par les biologistes qui testent le plus souvent les effets des formes alimentaires natives seules disponibles commercialement, à des doses très supérieures à celles auxquelles nos tissus sont couramment exposés du fait de l’alimentation.

.14H45 : « Flavonoïdes alimentaires et pathologies cardiovasculaires. Données cliniques », par Yves Cottin, CHU de Dijon.

Les flavonoïdes partagent une structure chimique commune: le C6-C3-C6 et suscitent beaucoup d’intérêt ces dernières années en raison d’une forte concentration dans certains fruits et légumes. Les données épidémiologiques récentes montrent un intérêt particulier du cacao en raison de la forte concentration entre 460 et 610 mg/kg et de ces effets cardiovasculaires cliniquement significatifs. Néanmoins, il est important de distinguer clairement le produit naturel, le cacao, du chocolat, produit transformé qui se réfère à une combinaison variable de cacao, de sucre et éventuellement de lait et autres ingrédients.

L’intérêt des flavonoïdes en clinique est maintenant établi. En revanche des études contrôlées au long cours sont nécessaires pour valider l’hypothèse des effets cardioprotecteurs, soit sur des critères intermédiaires comme l'athérosclérose carotidienne soit sur la morbi-mortalité globale.

.15H15 : « Effets vasculaires des flavonoïdes alimentaires et leurs mécanismes d’action », par Valérie Schini-Kerth, CNRS UMR 7213, Faculté de Pharmacie, Université de Strasbourg.

Des études épidémiologiques indiquent qu’une consommation régulière de vin rouge ou de thé vert et le régime méditerranéen riche en fruits et légumes diminuent le risque de pathologies coronaires et d’accidents vasculaires cérébraux. L’effet bénéfique de ces boissons ou aliments sur le système cardiovasculaire a été attribué au moins partiellement à leur teneur élevée en polyphénols et particulièrement en flavonoïdes. La recherche des polyphénols actifs dans les sources alimentaires indique que de nombreuses molécules sont capables d’induire une protection endothéliale et, en particulier, les anthocyanes et les procyanidines.

 .15H45 : « Les effets cardiovasculaires du vin ne sont-ils dus qu’à sa composante phénolique ? », par Ludovic Drouet et Claire Bal dit Solier, Laboratoire de thrombose et d’athérosclérose,

IVS hôpital Lariboisière et INSERM U937 et pour l’action « Vin et santé cardiovasculaire » soutenue par Vinifhlor (Ministère de l’agriculture et de la pêche).

Le « french paradox » a conduit à rechercher les spécificités françaises qui pourraient expliquer l’incidence moindre qu’attendue des événements cardio-vasculaires en dépit d’un niveau de risque élevé de facteurs de risque cardio-vasculaires « classiques ».

Les pathologies vasculaires sont multiples mais l’attention s’est principalement portée sur la pathologie athérothrombotique. Cette pathologie associe l’athérosclérose artérielle et la réactivité thrombotique dont les mécanismes physiopathologiques, complètement différents, peuvent aboutir in fine à des manifestations cliniques ischémiques de type infarctus du myocarde accidents vasculaires cérébraux…

Il est probable que la plus faible incidence d’événements ischémiques cardio-vasculaires ne s’explique pas par un seul effet sur une seule cible, mais plutôt par la conjonction de divers effets. Parmi ces effets on été mises en avant les conditions de vie et d’alimentation. Et parmi les spécificités alimentaires traditionnelles des français, une attention toute particulière s’est portée sur une spécificité culturelle ancienne d’une consommation régulière de vin au cours des repas. Cette particularité de consommation est source de très nombreux biais (sociaux-économiques, nutritionnels et de conditions de vie), ce qui a incité à étudier si et comment le vin pouvait participer à cet effet protecteur.

 

.16H15 : Conclusion : « Effets sur la santé des flavonoïdes alimentaires : données scientifiques établies et hypothèses », par Jean-Claude Stoclet, Membre de l’Académie nationale de Pharmacie, Professeur honoraire à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg. 

Les exemples exposés dans cette séance illustrent l’intérêt et les difficultés du sujet. De nombreux points d’interrogation subsistent quant à la composition des aliments et boissons riches en flavonoïdes et la biodisponibilité de ceux-ci, l’identification des molécules éventuellement actives, la démonstration des effets bénéfiques par des essais cliniques contrôlés à long terme et les mécanismes d’action.

Il n’est pas encore possible aujourd’hui de tirer des conclusions définitives sur les effets sur la santé humaine des aliments et boissons riches en flavonoïdes, ni à plus forte raison d’émettre les recommandations qui pourraient éventuellement en découler en termes de régime alimentaire ou d’assertions santé d’adjuvants alimentaires. Toutefois les résultats des recherches réalisées à ce jour sur les effets biologiques des flavonoïdes et les mécanismes sous-jacents donnent de la crédibilité aux hypothèses émises au vu des études épidémiologiques initiales. Les données scientifiques acquises et l’importance des enjeux pour la santé et pour l’économie justifient d’importants efforts de recherche pour répondre aux nombreuses questions qui se posent encore. 


Agenda des prochaines séances

. Séances ordinaires

  • 3 février
  • 17 février
  • 3 mars
  • 17 et 18 mars (séances délocalisées à Montpellier)
  • 7 avril
  • 5 mai
  • 2 juin 

. Séances thématiques

  • 27 janvier : « Flavonoïdes alimentaires et santé humaine »
  • 21 avril : « Paludisme : nouvelles stratégies thérapeutiques »
  • 19 mai : « Importance de l’oxydation métabolique des médicaments : développements récents »
  • 30 juin : « Optimisation de la forme galénique et amélioration de la sécurité du patient »
  • 20 octobre : « Médicaments en ophtalmologie »
 
  

 200 ans de progrès thérapeutique vus au travers de la vie des membres de l'Académie


1810 : Il y a deux siècles, le Bulletin de Pharmacie honore

la mémoire de Fourcroy

Bien que le JPC de 1910 n’en fasse pas état, on fête cette année là le centenaire de la mort de Fourcroy, et donc le deux-centième anniversaire aujourd’hui. Le Bulletin de Pharmacie (ancêtre du Journal de Pharmacie et de Chimie) de 1810 (la deuxième année de sa parution) signale la mort de Fourcroy, avec un long texte qui rappelle ce qu’il avait fait pour la pharmacie française. En voici quelques extraits.

 

« Antoine-François de Fourcroy, comte de l’Empire, conseiller-d’Etat à vie, directeur-général de l’instruction publique, commandant de la Légion d’Honneur, membre de l’Institut et de plusieurs Sociétés savantes, professeur au Muséum d’histoire naturelle, à la Faculté de médecine, à l’Ecole polytechnique, etc. , a succombé le 16 décembre 1809, frappé subitement par une attaque d’apoplexie. …Il fut nommé électeur de la ville de Paris en 1792, puis député suppléant de la Convention nationale, où il ne fut appelé qu’après le procès de Louis XVI. Il fit adopter, en 1793, un projet de loi pour l’uniformité des poids et mesure. Peu de temps après, il fut dénoncé aux Jacobins, à cause de son silence à la Convention ; et il n’échappa à la proscription qu’en prouvant que, né sans fortune, son travail, comme chimiste, faisait vivre son père et ses sœurs….En décembre 1799, le premier consul l’appela au conseil d’Etat, où il présenta, en avril 1802, le projet de la nouvelle organisation de l’instruction publique. La vie de cet illustre savant appartient à l’histoire ; elle dira à la postérité : il n’eut pour ennemis que ceux que fait naître le mérite ; mais il eut pour admirateurs tous les hommes dignes de sentir ce qui est beau, ce qui est utile, et pour amis tous les cœurs faits pour apprécier les vertus civiques, les qualités sociales et les plus doux sentiments de la vie domestique ».

 
Pour consulter les rubriques déjà parues : cliquer ici

Site de la Société d'Histoire de la Pharmacie : http://www.shp-asso.org/